Comment l'agriculture peut devenir un levier de la séquestration du carbone du territoire ?

publié le 21-06-2019 par kdelajoud -

L’article : « Étude INRA sur la séquestration du carbone dans les sols – Décryptage »,

Le Réseau Action Climat, 13 juin 2019

https://reseauactionclimat.org/etude-inra-sequestration-carbone

De quoi parle-t-on ?

La séquestration (ou le stockage) du carbone consiste à augmenter la quantité de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre (GES) contribuant au changement climatique, dans les sols agricoles et forestiers.

La biomasse joue un rôle majeur dans le cycle du carbone car elle permet, via le processus de photosynthèse, de stocker le CO2 sous forme de matières organiques vivantes ou mortes. Ainsi, les sols agricoles et forestiers peuvent jouer un rôle essentiel pour séquestrer le carbone et limiter les effets du changement climatique. 

A noter : selon l’INRA (l’Institut National de la recherche Agronomique), les activités agricoles et forestières sont responsables de 16 % des émissions brutes de GES en France, soit près de 24 MTec (mégatonnes équivalent charbon). Ces deux secteurs assurent en contrepartie une fixation nette de CO2 estimée à 15 MTec par an.

A l’échelle du Pays Basque, le secteur agricole est également le principal émetteur de GES, avec notamment deux principaux gaz à effet de serre : le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Néanmoins, l’analyse de la séquestration carbone montre que les prairies et les forêts absorbent l’équivalent de 28% des émissions du territoire. Ce ratio est supérieur à la moyenne française qui séquestre 12 % des émissions nationales de carbone fossile [Citepa, 2017].

L’évènement :

L’INRA a réalisé une étude visant à évaluer la capacité du sol français à stocker du carbone et à participer à la lutte contre le dérèglement climatique. Il en ressort que l’essentiel (86 %) du potentiel de stockage additionnel (c’est-à-dire le stockage supplémentaire par rapport à une ligne de base) se trouve dans les grandes cultures (du fait que les sols concernés sont actuellement pauvres en carbone et présentent donc un fort potentiel de progrès). « Ce potentiel permettrait de compenser 6,8 % des émissions actuelles de la France et 41 % des seules émissions agricoles ».

Néanmoins, un tel résultat ne sera atteignable qu’au prix d’un changement profond de la logique globale des politiques agricoles françaises. Ainsi, optimiser les pratiques agricoles et forestières, privilégier certaines variétés culturales et espèces forestières, choisir des occupations du sol susceptibles de stocker plus de carbone sont des actions qui permettraient de renforcer l’atténuation des GES, mais aussi de manière directe ou indirecte l’adaptation au changement climatique.

En synthèse :

Vu le contexte du changement climatique, il devient essentiel de repenser les pratiques agricoles et forestières, et de proposer des pistes permettant l’accumulation du carbone organique dans les sols. L’objectif est de limiter l’effet de serre et ainsi de contribuer à l’effort collectif de lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale.

Selon vous, quel protocole les pratiques agricoles et forestières devraient-elles suivre afin d’optimiser le potentiel de stockage dans les sols et la biomasse ?

Pour aller plus loin :

  • Etude complète « Stocker 4 pour 1000 de carbone dans les sols : le potentiel en France » [INRA]

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